Travailler avec une pair experte

Quand j’ai commencé à planifier le groupe de lundi prochain, j’avais une ébauche: Historique des soins – Différences entre des soins de hiérarchie et de partenariat – Choix des thèmes pour les prochains groupes. 45 minutes de rencontre suivi de 15 minutes d’échange. Frances, la pair aidante, m’a aidé à ajuster le tir.  Présenter l’historique des soins et laisser parler les gens. Parler de la relation entre le soignant et le soigné  puis laisser parler les gens. Faire confiance.  Les participants vont identifier les sujets pour les prochaines rencontres. Elle m’a rappelé mon rôle: faciliter, non l’expertise.

Passer de la thérapie de groupe à l’échange autour du rétablissement

Mon expérience est dans des groupes thérapeutiques, où on facilite la gestion des symptômes et l’expression des traumas. Avec le rétablissement, certaines principes changent et d’autres restent les mêmes. Un des défis usuels à Montréal est de marier des gens anglophones, francophones lors des groupes de soins.  L’information écrite remise doit être disponible dans les 2 langues au début de la rencontre pour permettre que tous suivent l’échange.  Plutôt que d’offrir un « cours » plus magistrale, Frances a suggéré d’alterner entre des périodes d’informations et des périodes d’échanges.  La thérapie demande souvent que le clinicien prenne le gouvernail pour se rendre à bon port.  Dans le rétablissement, chacun vogue sur sa propre mer, maître de son gouvernail.  L’idée, dans un tel groupe, est de faire confiance aux participants.  Ils peuvent identifier ce dont ils veulent entendre parler.  Mon expertise fait que je suis ensuite capable d’organiser le prochain groupe avec le matériel que je possède déjà, ayant déjà visité plusieurs groupes thérapeutiques.

Le rétablissement, un déplacement du pouvoir.

Dans « Avec Frances, L Goetlib a été aussi importante pour ce groupe que je donnerai bientôt.  Elle m’a permis, avec son livre, d’organiser la partie historique de façon simple.  Ensuite on pourra aborder la délicate question de la relation entre le clinicien et le « patient ».  Dans les soins hiérarchiques, la personne avec un diagnostic est quelqu’un passif, dont je dois prendre charge.  Dans des soins de partenariat, elle établie ses priorités et partage avec moi le travail d’intentions d’améliorer sa condition à elle.  Cette partie de la présentation va possiblement faire réagir le groupe.  Il y a beaucoup d’insatisfactions dans les soins au Québec en ce moment.  Plusieurs pensent qu’un changement majeur ne pourra avoir lieu sans que des pairs aidants soient présents à coté des décideurs.  Un moteur pour la nuque des dg et des ministères.

Le groupe comme participant

Le dernier point qui est peut être le plus difficile pour ceux qui ne font pas de groupe, ou n’enseigne pas ou ne travaille pas dans des équipes, ce dernier point est que le groupe lui-même, dans son ensemble, est un des participants.  C’est une des règles du groupe, il crée sa propre forme de communication à chaque fois, selon l’ensemble des participants.  Un peu comme la foule, ce 7e joueur dans les matchs de hockey.  Le groupe devient plus grand que l’échange entre les joueurs sur la glace.  Il influence.  Ma job, avec Frances et la stagiaire qui sera avec nous, sera d’énergiser le groupe, non les participants.  Créer une dynamique qui pourra se maintenir. Mettre la base pour ce dont le groupe a besoin pour survivre, de groupe en groupe.

Ma stagiaire ne sait pas dans quel bateau elle est embarquée.  Un voyage où on va tenter régulièrement de créer une synergie autour de l’amélioration des conditions de vie et de « l’empowerment ».  Une vraie galère?  Je ne pense pas.  Participants, cliniciens, autres, plusieurs personnes désireuses d’identifier les prochains sujets ayant, selon nous, un impact sur le rétablissement possible de tous.  Pour le reste, comme aidants, Frances, la stagiaire et moi nous organiserons pour arriver à bon port.


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Publié le 21 jan 2015

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